Parlons Parité – Carrières dans l’enseignement supérieur et la recherche : qu’est-ce que le plafond de verre ou le plancher collant ?
Episode 6 – Carrières dans l’enseignement supérieur et la recherche : qu’est-ce que le plafond de verre ou le plancher collant ?

Au lendemain du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, parlons carrières !
Au CNRS, en 2021, au sein des personnels permanents, il y avait 43 % de femmes, dont 37 % de chercheuses. Pour l’ensemble des disciplines, elles représentaient 37,8 % des CR, et seulement 31,7 % DR [1]. En parallèle, l’université comptait 45% de femmes parmi les MC, mais seulement 31% parmi les PR [2]. C’est ce que l’on appelle le « plafond de verre ». C’est d’ailleurs ce taux de promotion, plus faible pour les femmes, qui explique principalement une rémunération brute moyenne inférieure de 406 € pour les enseignantes-chercheuses par rapport à leurs homologues masculins (MESR, Note DGRH n°10, 2021).
La notion de « plancher collant » illustre le fait que les emplois les moins qualifiés sont principalement occupés par des femmes. A titre d’exemple, au CNRS, en 2021, plus de la moitié des femmes IT titulaires appartiennent aux corps des techniciennes ou des assistantes ingénieures, alors que les hommes sont aux deux-tiers dans les corps des ingénieurs d’études ou des ingénieurs de recherche.
Les causes des freins dans les carrières féminines sont multiples. Parmi elles, on peut citer la persistance des stéréotypes de genre dans l’attribution des promotions, l’effet Matilda, l’effet Boys club (déjà évoqués dans les épisodes précédents), la difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle.
Pour remédier à cette situation, le groupe de travail sur les freins dans les carrières des femmes dans l’ESR [3] a fait des recommandations selon différents axes : remédier aux biais de sélection qui peuvent intervenir lors des promotions, contribuer à une articulation satisfaisante entre la vie professionnelle et la vie privée, renforcer les politiques d’égalité globales au sein des structures de l’ESR, inciter à la prise en compte de l’égalité femmes/hommes lors du financement des projets de recherche.
Pour les aspects juridiques, on peut citer la mise en place d’indicateurs sur les écarts de rémunération (index egapro) et d’indicateurs visant à favoriser l’égalité d’accès aux filières de l’ESR pour les étudiantes et les étudiants (indicateurs égalité issus de la loi Rixain) ainsi que la loi du 20 juillet 2023 dont l’objectif est de renforcer l’accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique.
Sources :
[1] CNRS : rapport social unique 2022 : https://carrieres.cnrs.fr/wp-content/uploads/2024/01/Livre_Rapport2022_WEB.pdf [2] Vers l’égalité femmes-hommes – Chiffres clés, MESR, 2024 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2024-03/vers-l-galit-femmes-hommes-chiffres-cl-s-2024-32097.pdf [3] Sur les freins aux carrières des femmes chercheures et enseignantes chercheures au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche en France Rapport final — État des lieux et recommandations Mai 2018 : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/imported_files/documents/Rapport_freins_carrieres_femmesESR_1177048.pdfPour aller plus loin : Enquête 2022-2023 sur les écarts de rémunération au CNRS : https://mpdf.cnrs.fr/wp-content/uploads/2023/12/MPDF-analyse-remunerations-synthese-2023.pdf
Illustration : Delize

